Un dossier minier aux enjeux financiers considérables est désormais entre les mains de la justice guinéenne. Le 14 octobre 2026, le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a instruit l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) d’enquêter sur les conditions de retrait et de réattribution de plusieurs permis miniers.
Selon les éléments transmis au parquet, les titres détenus par les sociétés Estralita et Jahvaun auraient été retirés le 11 mars 2016, avant d’être attribués à GMR cinq jours plus tard. Cette opération soulève des questions sur le respect des procédures minières, notamment l’absence présumée d’appel d’offres.
D’après les documents cités dans la dénonciation, la valeur des permis aurait été évaluée à environ un milliard de dollars par le cabinet SRK. Les sociétés lésées auraient, de leur côté, estimé leur préjudice net d’impôts à 550 millions de dollars.
Les enquêteurs devront également examiner les divergences relevées dans les documents relatifs à l’actionnariat de GMR, ainsi que des incohérences concernant ses immatriculations, ses activités déclarées et sa situation fiscale et sociale.
Des soupçons de corruption, d’abus de fonction et d’enrichissement illicite figurent parmi les faits à vérifier.
L’ouverture de cette enquête ne préjuge toutefois pas de l’issue de la procédure. Il appartient désormais aux enquêteurs de vérifier les éléments dénoncés et d’établir les éventuelles responsabilités.
Moussa Camara

