Kountigui de la Basse-Guinée : un camp conteste le processus et revendique leur charte traditionnelle

Lexpress Guinée
Sep 23, 2026


CONAKRY — La succession à la tête de la chefferie traditionnelle de la Basse-Guinée connaît un nouveau rebondissement. Alors que l’intronisation du Kountigui de la Basse-Guinée est annoncée pour le 26 septembre 2026, des Kountiguis communaux et préfectoraux contestent le processus ayant conduit à cette cérémonie et revendiquent le respect de leur charte traditionnelle.
Dans une déclaration, les représentants concernés affirment n’avoir été ni convoqués ni officiellement associés aux démarches entreprises par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD).
« Nous n’avons reçu aucun appel et aucune convocation du MATD », déclarent-ils, précisant que, sur les 21 Kountiguis communaux et préfectoraux, aucun n’aurait, selon eux, été associé à une telle rencontre.
Les contestataires assurent également avoir adressé plusieurs correspondances au département en charge de l’Administration du territoire. Ils disent détenir les décharges attestant du dépôt de ces courriers.
Sur le fond, ils revendiquent leur autonomie dans la gestion des questions liées au Kountiguiya. « Nous travaillons selon nos coutumes et notre charte », soutiennent-ils, tout en affirmant prendre les autorités administratives à témoin de leurs démarches.
Cette contestation intervient après plusieurs mois de discussions autour de la succession de feu Elhadj Mamoudou Camara. En janvier 2026, le gouvernement avait déjà reporté une première cérémonie d’intronisation prévue à Kindia, invoquant la nécessité de poursuivre les concertations et de parvenir à un consensus.
En juillet, Elhadj Lansana Camara a ensuite été présenté par la Haute Autorité morale et coutumière de la Basse-Guinée comme le nouveau Kountiguigbé, à l’issue d’un processus de concertation s’appuyant notamment sur les chartes de 2017 et 2021.
De son côté, le MATD confirme la tenue de l’intronisation le 26 septembre. La ministre Djénabou Touré rappelle que le Kountigui constitue une autorité morale et traditionnelle et appelle les différentes sensibilités à privilégier le dialogue, l’unité et la cohésion sociale.
Le bras de fer porte ainsi moins sur l’existence de la chefferie traditionnelle que sur la procédure de désignation, la représentativité des acteurs et l’articulation entre les pratiques coutumières et l’intervention de l’État.
À quelques jours de la cérémonie annoncée, la question demeure donc ouverte : les différentes composantes de la chefferie traditionnelle parviendront-elles à trouver un terrain d’entente ?
Toutefois la Ministre de l'administration du territoire prévient" nous ne voulons aucune pagaille..."

ISC