Plastiques à usage unique : la Guinée passe du décret à l’épreuve du terrain

Lexpress Guinée
Sep 21, 2026


C’est la fin du sachet plastique… du moins sur le papier. Depuis ce 21 septembre 2026, l’interdiction des plastiques à usage unique entre dans sa phase d’application en Guinée. Sacs, sachets, gobelets, pailles, assiettes et autres emballages jetables sont désormais dans le viseur des autorités.
L’objectif est clair : réduire la pollution, protéger les caniveaux et les cours d’eau, et encourager des solutions plus durables.
Mais dans les rues et les marchés, le plastique n’a pas encore disparu. Des sachets continuaient d’être produits et vendus. À Conakry, où leur utilisation est profondément ancrée dans les habitudes commerciales, le changement s’annonce donc délicat.
Premier défi : trouver par quoi remplacer le plastique. Sacs réutilisables, emballages biodégradables, papier ou carton : les alternatives existent, mais leur disponibilité et surtout leur coût suscitent des interrogations. L’Union pour la défense des consommateurs réclame même un moratoire d’un an, estimant que les conditions d’une transition progressive ne sont pas réunies.
Deuxième défi : faire respecter la règle. Le nouvel arrêté prévoit désormais des mécanismes de contrôle, de traçabilité, de certification et de sanction. Les industriels doivent également se reconvertir. Certaines entreprises ont déjà commencé à adapter leurs équipements pour produire des emballages biodégradables ou développer le recyclage.
Reste enfin le défi des habitudes. Car interdire un produit est une chose ; convaincre des millions de consommateurs de changer leurs gestes quotidiens en est une autre.
La Guinée a donc franchi le pas réglementaire. Désormais, le véritable combat se joue dans les marchés, les boutiques, les usines… et dans les habitudes.
Ibrahima Sory Camara