CONAKRY — L’application de l’interdiction des plastiques à usage unique ouvre déjà un débat sur le calendrier de la transition. Quelques jours après l’entrée en vigueur de la mesure, l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée (UDCG) demande au gouvernement de suspendre son application pendant un an.
Dans une plaidoirie adressée au président de la République et au Premier ministre, l’organisation estime que les conditions nécessaires à une transition sans conséquences importantes pour les consommateurs ne sont pas encore réunies.
L’une de ses principales préoccupations concerne l’accès à l’eau. L’UDCG affirme que la disponibilité des alternatives reste limitée dans les marchés, boutiques et autres points de vente, alors que certaines zones du pays connaissent déjà des difficultés d’approvisionnement en eau potable. Elle évoque également une hausse du prix de certaines eaux conditionnées.
Le débat intervient alors que le gouvernement avait maintenu l’échéance du 20 septembre 2026. Avant cette date, le ministère de l’Environnement avait mené des campagnes de sensibilisation auprès des administrations et des acteurs économiques, tandis que le ministère du Commerce avait annoncé une vaste campagne d’information sur la mise en œuvre du dispositif.
Le cadre réglementaire prévoit l’interdiction de plusieurs produits, notamment les sachets d’eau, pailles, gobelets, couverts et certains récipients jetables. En revanche, l’arrêté conjoint du 10 septembre exclut explicitement du dispositif les bouteilles fabriquées en résine PET, ainsi que plusieurs catégories destinées notamment aux usages médical et agricole.
Pour l’UDCG, le problème n’est pas le principe de la protection de l’environnement, mais les conditions de sa mise en œuvre. L’organisation propose donc un délai supplémentaire d’un an afin de développer des alternatives accessibles et de renforcer la collecte, le traitement et la valorisation des déchets plastiques.
Cette demande rejoint les interrogations exprimées avant l’échéance par certains acteurs, qui estimaient déjà nécessaire de disposer d’alternatives crédibles avant une application complète de la mesure.
L’UDCG annonce par ailleurs des démarches auprès de plusieurs institutions républicaines pour défendre sa proposition.
Le débat est désormais posé : comment réduire durablement la pollution plastique sans créer de nouvelles difficultés pour les consommateurs ?
Ibrahima Sory Camara

